Le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) devrait être amputé de 400 millions d’euros (75% de son montant) en 2012. Le Conseil des ministres européens de l’agriculture qui se réunit le 20 septembre prochain, doit trouver une solution afin de compenser la perte de financement pour 2012 et 2013 sans quoi 130 millions de repas ne pourront être distribués en France.
Créé en 1986 par Jacques Delors et sous l’impulsion du mouvement associatif français, européen et de Coluche, le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) permet depuis 25 ans d’apporter une aide alimentaire à 13 millions d’Européens vivant sous le seuil de pauvreté et dans l’incapacité de s’alimenter par leurs propres moyens.
Le PEAD permet de mettre à disposition des États membres qui le souhaitent des matières premières agricoles issues des stocks d’intervention de la PAC (Politique agricole commune).
Ce programme est de 480 millions d’euros pour l’Europe. Il correspond à 1% du budget de la PAC et représente environ 1 euro par Européen. En France, le programme est de 72 millions d’euros et aide près de 4 millions de personnes à se nourrir par l’intermédiaire de quatre associations : les Banques Alimentaires, la Croix-Rouge française, les Restos du Coeur et le Secours populaire français.
A la demande de 7 pays, la Cour européenne de justice a condamné le PEAD dans sa forme juridique actuelle, et a conduit la Commission européenne à diminuer, pour l’Europe, le budget de 75%. Le programme passera donc de 480 à 113 millions d’euros. La part de la France sera amputée de près de 80%, et tombera donc de 72 à 15 millions d’euros.
Le groupe des associations au Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait alerté les pouvoirs publics dès le mois de mai sur cette question, dans le cadre d’un avis du CESE sur la PAC.
Aujourd’hui, sans une réforme rapide, le PEAD est condamné.
Aujourd’hui, seul le Conseil des ministres européens peut acter cette réforme.
Derrière les chiffres, se cache la détresse d’enfants et de familles, de personnes âgées, de chômeurs, de travailleurs pauvres, de jeunes… qu’arrivera-t-il si plus de la moitié de cette aide disparaît?
Face à cette urgence, les Banques Alimentaires, la Croix Rouge, les Restaurants du Coeur et le Secours Populaire organisent une conférence de presse lundi 19 septembre au CESE à 14:00.



