Le 26 septembre 2012, le CESE a adopté un avis sur l'emploi des jeunes rapporté par Jean-Baptiste Prévost (UNEF). Le Groupe des Associations s'est associé à la Mutualité pour faire entendre la voix de l'économie sociale sur le sujet.
Alors que les emplois d’avenir et le contrat de génération sont au centre du débat public et politique, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a choisi de prendre du recul et de travailler de façon globale sur l’emploi des jeunes. Les jeunes sont les principales victimes de la forte dégradation de l’emploi consécutive à la crise économique. Dans son avis voté le 26 septembre, le CESE souligne cependant que le sur-chômage des jeunes, loin d’être un phénomène nouveau, est installé de longue date dans la réalité sociale française. Pour combattre cette tendance lourde à la précarisation de la situation des jeunes, il formule des recommandations visant à réduire la segmentation du marché du travail, à améliorer les conditions d’accès à la formation, à renforcer l’accompagnement des jeunes demandeurs d‘emploi et à développer les dispositifs de la deuxième chance. Enfin, il porte un regard nuancé sur les nouveaux emplois aidés mis en œuvre par les pouvoirs publics pour répondre à l’urgence de la situation.
L’avis a suscité de nombreux débats entre les partenaires sociaux, notamment sur la question dite du RSA jeunes. Présenté par Jean-Baptiste Prévost (UNEF – Groupe des organisations étudiantes et des mouvements de jeunesse) au nom de la section du Travail et de l’Emploi, il a néanmoins été adopté par 117 voix pour, 14 voix contre et 34 abstentions. Le Groupe des Associations a voté l’avis.
Retrouvez l’avis, la synthèse et les vidéos associées en cliquant ici.
Déclaration commune des Groupes des Associations et de la Mutualité
Les jeunes d’aujourd’hui sont en moyenne plus diplômés que leurs aînés. L’effort de la nation pour développer leur formation et leurs compétences ne permet pourtant pas de changer une règle qui semble immuable : le taux de chômage des jeunes est toujours plus de deux fois supérieur à celui de l’ensemble de la population active. Au-delà de cette dimension structurelle, près de la moitié des jeunes de moins de 25 ans qui travaillent occupent un emploi précaire. Leur vulnérabilité est ainsi renforcée dans une conjoncture de crise où les ajustements de l’emploi portent d’abord sur les contrats temporaires.
Bien sûr, cet avis n’est pas le premier plaidoyer en faveur de l’emploi des jeunes. Cette question est devenue une arlésienne des politiques publiques. Pourtant, pour le groupe des associations et le groupe de la mutualité, l’avis présente un intérêt décisif en alliant subtilement la sortie d’une vision catégorielle de l’emploi des jeunes et une attention spécifique en période de crise via la mobilisation des emplois aidés.
Les difficultés rencontrées par les jeunes dans leur insertion et leur stabilité professionnelles ont des conséquences importantes sur leur insertion sociale. C’est cette ambition qui doit donner de la cohérence aux propositions. En cela, les groupes des associations et de la mutualité adhèrent à la vision promue par le rapporteur, car les opportunités existent.
Pour nos groupes, la redéfinition collective de notre modèle de développement devrait permettre de mieux identifier les besoins porteurs d’utilité sociale. Prévention, animation socio-éducative, soutien aux personnes âgées et handicapées sont autant de services porteurs d’emplois, notamment via l’économie sociale et solidaire. En cela, l’avis contient des propositions intéressantes pour dynamiser à la fois l’orientation et la formation des jeunes. D’autres existent, comme celle portée par l’Usgeres (syndicat d’employeurs de l’économie sociale) sur la création d’un contrat d’engagement de reconversion professionnelle vers les métiers porteurs ou non pourvus dans le cadre de la Préparation opérationnelle à l’emploi (POE).
Deux propositions sur les contrats aidés attirent plus particulièrement l’attention des associations et des mutuelles.
Ainsi, nous saluons les propositions émises dans l’avis concernant les emplois d’avenir. Pour s’attaquer au « noyau dur du chômage des jeunes », le gouvernement a proposé ces emplois comme le coup de pouce dont de nombreux jeunes peu qualifiés ont besoin pour s’inscrire dans un parcours d’insertion. L’économie sociale et solidaire et les collectivités territoriales sont appelées à créer 150 000 emplois d’ici 2014. Mobiliser l’économie sociale et solidaire est judicieux pour mettre en oeuvre des solutions. Les structures de l’ESS sont des actrices majeures du marché du travail, employant collectivement 2,3 millions de personnes. Leur culture professionnelle et les principes qui les fondent les amènent assez naturellement à contribuer à l’effort national en faveur de l’insertion, à condition que soient clarifiés les objectifs politiques.
Car la crise réclame une ambition supérieure au simple palliatif. Les emplois d’avenir doivent viser des effets durables. Aussi nos groupes ont-ils essayé de mettre en avant deux éléments essentiels sur cette recommandation. Le premier concerne la nécessaire mise en place d’une aide complémentaire dégressive quand l’employeur embauche un jeune en emploi d’avenir en CDI valorisant la durabilité de l’emploi. Le deuxième concerne le renforcement du soutien aux réseaux associatifs pour l’accompagnement des associations qui emploieront ces jeunes. C’est à ces conditions que les emplois d’avenir peuvent être une réussite, aussi bien pour les jeunes embauchés que pour la société toute entière.
Enfin, les structures de l’économie sociale sont très attentives aux débats autour du contrat de génération dont l’avis trace les grandes lignes. En effet, la pyramide des âges dans l’économie sociale est propice à la mise en place de ce type de contrat. Pourtant, nous partageons les analyses développées dans l’avis quant aux risques d’effet d’aubaine. Dans l’économie sociale, les seniors sont surreprésentés par rapport aux jeunes mais sont généralement maintenus dans l’emploi jusqu’à l’âge de la retraite. Aussi, une aide destinée à prévenir les départs anticipés constituerait un effet d’aubaine évident alors que l’ESS a besoin d’attirer, de former et d’embaucher des jeunes. Une modulation de l’aide aux employeurs en fonction de l’effet d’aubaine prévisible serait, à notre sens, une garantie de l’utilité sociale de cette politique.
La mobilisation pour l’emploi des jeunes nécessite que toutes les forces de la société soient engagées dans la bataille. C’est un enjeu de cohésion sociale et une preuve de la confiance que notre société doit avoir en ses jeunes. Le groupe de la mutualité et le groupe des associations ont donc voté l’avis.
















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