Les associations, assise indispensable de l’engagement bénévole

Quelques jours après la journée internationale du bénévolat, France Bénévolat organisait à la Maison de l’Europe,un colloque sur le thème: « Les associations, assise indispensable de l’engagement bénévole » où  Jean Bastide, Président de France Bénévolat, Dominique Thierry,Vice-président de France Bénévolat, Pierre Vanlerenberghe, Président de la FONDA et Francine Evrard, Chef de département de prospective du Secours Catholique ont échangé sur cette problématique.

Le 5 décembre, Journée mondiale des bénévoles, l’Europe fêtait partout dans les pays de l’Union ses 100 millions de bénévoles dans le cadre exceptionnel de cette Année européenne du bénévolat et du volontariat

Jamais, dans l’histoire des associations, l’engagement des citoyens n’aura fait l’objet de tant d’attention :

. pour la première fois, il donne lieu à une communication politique de la commission européenne

. travaux ayant donné lieu à un livre blanc

. des avancées concrètes sur le thème de la reconnaissance de l’engagement et de sa valorisation

Cela signifie au moins une chose : chacun est conscient des innombrables bénéfices que retire la collectivité de l’implication des bénévoles.

 

Et pourtant, le paysage est-il aussi idyllique, l’air aussi pur, au pays de l’engagement bénévole ?

Les responsables associatifs semblent nous dire que non,  tout ne va pas bien dans ce domaine :

. des bénévoles volatiles, privilégiant le court terme,

. un engagement « zapping », …  allant même jusqu’à parler de consomm’acteurs….

Les risques pointés par ces mêmes responsables :

. un projet associatif un peu « oublié » par des acteurs centrés sur l’action,

. une perte du sens (à la fois la direction et la signification du projet),

. le risque d’une « culture hors sol » diront certains

Oui, ou plutôt non, on ne s’engage plus comme avant !

Animé par la conviction que l’engagement collectif fait de l’association un des terreaux de la démocratie, de la solidarité et d’une citoyenneté dynamique, Jean Bastide a dressé une courte rétrospective sur l’engagement des générations précédentes, les secteurs dans lesquels la mobilisation citoyenne s’est illustrée. En effet, il est intéressant de revenir sur les grands mouvements qui ont façonné l’engagement bénévole : si le bénévolat a toujours existé, le terme ‘bénévole’ est quant à lui assez récent, et il a pris au fil des époques des connotations différentes : charitable, militant ou protestataire, il a surtout connu un vif essor au 19ème siècle, lié à l’industrialisation et aux besoins sociaux qu’elle a fait naître.

On constate aujourd’hui que l’engagement a changé sur la période récente. En s’attachant à ces comportements nouveaux, Dominique Thierry analyse que les bénévoles conjuguent aujourd’hui  le pour soi et le pour les autres.

Paradoxalement, alors que le nombre de bénévoles ne cesse de croître depuis 20 ans,  l’engagement est donc devenu ces dernières années l’une des préoccupations centrales du monde associatif : faut-il voir dans ces évolutions le déclin de l’action collective, une menace pour le mouvement associatif,  ou au contraire, faut-il tirer parti des mutations qui affectent les relations entre les individus et les groupes, penser l’engagement pluriel, mobile, créatif, comme une richesse, une chance à saisir ? L’engagement des jeunes, par exemple : saura-t-on les intégrer, dans une perspective de renouvellement des dirigeants en particulier ?

Les associations face à leur avenir, c’est le thème de la démarche « Faire ensemble 2020 », proposé par la Fonda il y a un peu plus d’un an, invitant le plus grand nombre à se projeter. Pierre Vanlerenbergue, Président de la Fonda, nous a fait partager les scenarii d’évolution formulés dans le cadre de cette prospective, illustrés  par le travail de terrain, profondément interassociatif, mené par Francine Evrard, responsable de la prospective au Secours Catholique et très engagée dans le projet ‘Faire ensemble 2020’ de la Fonda.  Se dégage un nouveau profil, celui du bénévole de demain, qui se caractérise par

- sa mobilité, plus spécifiquement sa capacité à se projeter dans l’action

- son affectivité (la notion de plaisir est très présente dans son action)

- la recherche de l’efficacité, en l’occurrence, pouvoir constater rapidement le résultat de son travail

-  et l’inventivité, au travers de laquelle peuvent s’exprimer de nouvelles formes de solidarité.

Les associations sauront-elles redonner un élan à l’action collective ? C’est notre responsabilité collective. Aidés par ces analyses et ses prospectives, mobilisons-nous pour répondre à cet enjeu.

 

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